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samedi 19 avril 2014

Une ONG introduit les TICs dans l'agriculture en Côte d'Ivoire

Depuis près de cinq ans, l’ONG Rongead met en œuvre une initiative, appelée N’kalô visant à améliorer la commercialisation des produits des filières agricoles en Afrique de l’Ouest et Centrale. Il s’agit de former, d’informer et de conseiller les acteurs de la chaîne de valeur (production, transformation et commercialisation) sur la situation du marché au niveau local, régional, sous-régional et international. Ce service leur permet ainsi d’adopter des stratégies qui correspondent à l’état du marché et à leurs besoins au cours des campagnes.

Aujourd’hui, le service fournit une information de marché analysée en continu et des conseils agricoles sur 6 filières : noix de cajoukaritésésamemaïsoignonarachide en Côte d’Ivoire, au Burkina-Faso, au Mali, au Sénégal et au Tchad.
  
Une information cruciale

Ce sont des filières où l'information de marché est cruciale pour que les acteurs (du producteur au dirigeant politique, en passant par l'entreprise privée) prennent des décisions rationnelles et pertinentes pour faire face à la volatilité des prix et agissent en bonne intelligence. Ces décisions conduisent à des stratégies qui génèrent plus de revenus pour les producteurs, mais elles permettent surtout d’éviter de prendre des risques inutiles et ainsi de sécuriser les revenus. Une illustration pertinente est celle du marché de l’anacarde.
Système d'alerte des agriculteurs par sms
Celui-ci varie fortement et les prix et tendances évoluent vite, notamment au niveau des producteurs. Ces variations influent aussi sur les entreprises de transformation qui ont des difficultés à anticiper leurs achats, leurs ventes et par conséquent leur rentabilité. Les investissements sur le secteur sont donc assez risqués et nécessitent une bonne maîtrise du fonctionnement du marché.

Des canaux diversifiés

Ce service est le fruit d’une étroite collaboration entre Rongead et ses partenaires de terrain (ONG Chigata en Côte d’Ivoire, la Fenprose au Sénégal, Inades Formation au Burkina, Fikirna au Tchad, Orange au Mali…). Ces derniers permettent de rendre les informations de marché analysées disponibles aux acteurs, mais également de collecter les données de terrain, d’analyser le marché local et national, et de conseiller les acteurs par rapport à leurs contraintes particulières.

Pour la diffusion de l’information, Rongead met à disposition l’information à travers des canaux diversifiés et dont le contenu est adapté à chaque type d’acteur :
    ● un bulletin hebdomadaire par filière, transmis par email à près de 200 acteurs des filières, et par papier aux coopératives, aux commerçants et aux unités de transformation ;
    ● des SMS hebdomadaires à plus de 500 paysans leaders et plus de 13 000 producteurs ;
    ● des flash-info, des émissions et des interventions très régulières sur 37 radios locales ;
    ● le bouche à oreille entre 500 paysans-leaders et 33 000 producteurs ;
    ● la disponibilité permanente (physique ou par téléphone) des conseillers sur le terrain pour un conseil personnalisé;
    ● un site internet dédié à la filière: www.anacarde.com, qui regroupe les informations sur les 6 filières pour les pays concernés.
Le mode opératoire du service diffère selon les pays d’intervention.

Au Sénégalle service appui directement la Fédération nationale des producteurs de sésame (FENPROSE). La majorité du service est assurée par les organisations professionnelles agricoles (OPA) de la Fédération (collecte des prix, diffusion d’information, conseil interne…), qui en retour reçoivent une information décryptée sur l’état du marché et touche plus de 1000 producteurs. Ainsi avec un coût d’intervention très réduit, le conseil agricole créé possède un potentiel de pérennisation bien plus important, tant sur le plan financier que sur le renforcement des compétences locales.

En Côte d’Ivoire, avec Orange, les acteurs de la filière anacarde peuvent désormais s’abonner à des SMS d’information hebdomadaire, via un numéro court « 7818 ». Ce service leur permet de tout savoir sur l’actualité de la filière, les prix bord-champ et de la tendance de ces prix.

Par exemple, le SMS d’information de la région du Zanzan du 25 mars 2014 est le suivant : « Début de pluie dans certaines localités et manque de liquidité chez les acheteurs. Prix : 225 à 250F/kg. Tendance: légère baisse ».

Les cinq zones de production principales de la Côte d’Ivoire (Zanzan, Vallée du Bandama, Savanes, Worodougou et Denguélé) sont concernées. L’abonnement est facturé à 500 FCFA pour toute la durée de la campagne (environ 30 semaines). Orange et Rongead ont décidé d’intervenir conjointement pour mettre à disposition des outils pertinents adaptés au milieu rural et contenant des informations directement utiles facilitant la fidélisation des utilisateurs.

Au Mali, l’analyse des filières est mise à la disposition du service Sènèkèla, promu par Orange Mali. Ce service à valeur ajoutée donne aux agriculteurs abonnés Orange la possibilité de discuter avec des conseillers agronomes spécialisés via le numéro court 37333 ou à travers un service de consultation des prix et tendances sur mobile sur 4 filières en composant le #222#.
Le service est conçu pour être économiquement viable (hors aide au développement). Pour cela, Rongead maximise le transfert de compétences au niveau local (notamment sur la formation des analystes locaux) et développe le service pour les acteurs nationaux et internationaux (industries agro-alimentaires, institutions publiques ou privées, opérateurs téléphoniques.).

Aujourd’hui 34% du financement total du service est assuré par ces acteurs. On note aussi qu’environ 3% du service est financé par les producteurs et leurs OPA. Cependant, cet apport ne doit en aucun cas être la seule ressource envisagée étant donné la faiblesse du pouvoir d’achat des populations visées.

dimanche 6 avril 2014

Le Zanzan ou la région de l’igname


Des ignames de la variété "kponan" en vente

A chaque région de Côte d’Ivoire correspond une culture vivrière spécifique. Pour le District du Zanzan, dont Bondoukou est la capitale, l’igname occupe une place centrale. Plusieurs variétés de ce féculent y sont cultivées. Les ignames sont classées en deux grandes catégories : la catégorie de celles dites "précoces" et celles appelées "tardives".

Dans la première, on trouve le "kponan" (tubercule prisé), le "logobêri", le "diékouakou", le "manpan", le "tréla", et bien d’autres encore moins connues en dehors de la vaste région du Zanzan. Une fois plantés, les tubercules de cette variété ne mettent pas longtemps avant d’arriver à leur maturité et être déterrés, puis être consommés. D’où leur noms d’ignames précoces. En effet, mises en terre tôt (courant décembre-février), elles sont déterrées vers fin août et début septembre.

Dans la deuxième catégorie (ignames tardives), on trouve le " bêtê-bêtê", le "florido", le "kokomséné" (à cheval entre la précoce et la tardive), et bien d’autres.

L’igname est l’aliment de base des populations du Zanzan (Nord-Est). Elle se consomme de diverses façons. Mais dans la région, le "foutou" reste la seule véritable manière de la consommer. A cet effet, il n’est pas concevable de trouver une famille qui ne possède pas un mortier et un pilon, les ustensiles indispensables pour préparer le mets.

Ailleurs, l’igname est consommée après sa transformation en "foufou". Ici, on la fait bouillir. Puis, on l’écrase dans un récipient. Du produit obtenu, on ajoute de l’huile rouge (huile non raffinée issue de la graine du palmier). Cette manière de manger le féculent se voit surtout chez les peuples du Sud ivoirien.

Le Zanzan est sans doute la cité de l’igname. En effet, 60% de la production vendue sur le territoire national en sont issus. Une place de leader qui engendre un paradoxe : l’igname n’est pas moins chère dans les villes productrices (Bondoukou, Bouna et Tanda) qu’à Abidjan, contrairement à ce qu’on peut imaginer. Ce paradoxe trouve son explication dans le bitumage de l’axe Bondoukou-Bouna, au milieu de la décennie 1990-2000. Avant, Bondoukou constituait le point de groupage des tubercules produits dans la région, avant leur départ sur Abidjan. Ce qui permettait au marché local d’être bien fourni en ignames.

Depuis le bitumage de la route, la production va directement à Abidjan. La raison, simple : les producteurs estimant qu’à la capitale économique, le féculent se vend cher. Conséquence, Abidjan est inondée de tubercules pendant que dans les zones productrices, ils sont rares. Voilà qui explique le prix relativement élevé de cette denrée dans le Zanzan, par rapport au coût bas du même produit à Abidjan.

Autre paradoxe, c’est qu’après avoir fait les nouveaux champs, il n’y a plus d’ignames. Prennent alors place le manioc et le maïs, comme aliments de substitution en période de soudure.

dimanche 16 février 2014

L’épargne verte vulgarisée par la société Green Label

Une pépinière de teck

Bois à forte valeur ajoutée, le teck convient au climat tropical. Il présente une résistance remarquable dans les conditions extrêmes d’exploitation (même les feux de brousse). Quand on sait les ravages causés par ces feux de brousse dans l’économie locale, la  venue de la société Green Label dans le Gontougo est plus qu’une opportunité d’affaire pour les populations.

En effet, « l’agroforesterie a l’avantage de conjuguer rentabilité, écologie et reboisement : 3 axes essentiels dans la marche de la Côte d’Ivoire vers le statut de pays émergent. Elle fait du reboisement non plus un acte désintéressé posé dans le souci de lutter contre la désertification, mais un projet entièrement économique. C’est pourquoi je vous exhorte à faire de l’agroforesterie, à travers les plantations de teck, un pilier de votre économie régionale », a exhorté Kouadio Brou Békouin, directeur commercial et marketing de la société Green Label. Il lançait les activités de son entreprise dans la région de Gontougo, le 7 février dernier. La ville de Bondoukou a servi de cadre à ce lancement.

C’est tout un programme que Green Label entend mettre en place pour inciter les populations de la région à s’intéresser à la culture du teck. « Nous vous accompagnerons dans l’entretien des routes, la construction de centres de santé et d’écoles dans les villages qui bénéficieront de ce programme. D’entrée, nous offrons 100 tables-bancs à 10 villages du département. Nous allons construire le centre de santé du village de Débango, où nous allons commencer les premières plantations de teck », a précisé Brou Békouin. Une phase pilote a déjà été initiée par le Conseil général de Bondoukou. Six villages ont été choisis pour expérimenter 30 hectares de plantation, selon Yéboua Nestor, 4ème vice-président.

Tous se sont réjouis de l’initiative de Green Label. A commencer par l'ancien maire Kouakou Dapa, pour qui la culture du teck est « un puissant facteur de reforestation, à l’instar de l’anacarde. Elle apportera sans doute une valeur ajoutée aux revenus de nos parents ». Kouassi Christophe, qui représentait le préfet, attend de voir la matérialisation des engagements pris par Green Label en faveur des populations. Il n’a pas caché son regret que la Côte d’Ivoire ne s’est pas engagée dans l’agroforesterie du fait de la culture du binôme café-cacao. « Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Je vous exhorte aussi à faire l’approche participative avec les populations dans la création des plantations afin d’éviter les conflits », a-t-il conseillé.

Selon les scientifiques, les variétés récentes du teck entrent en maturité dès l’âge de 15 ans. Les coûts mondiaux actuels varient entre 10 et 12 millions FCFA, l’hectare. Au minimum 200 hectares pour faire une plantation avec la société Green Label.

samedi 15 février 2014

Ça gagne beaucoup d’argent en cultivant des tomates


Des tomates en train d'être chargées dans un camion

Le Groupement des Producteurs de Maraîchers et Vivriers (GPMV) de Bondoukou a produit et commercialisé 2 817 tonnes de tomates, de 2011 à 2012. Ce groupement, essentiellement composé de jeunes gens, a réalisé un chiffre d’affaires record de 704 millions francs CFA.

Le premier choix des tomates produites est vendu à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, à 420 km. Le deuxième choix est écoulé sur le marché local, c’est-à-dire à Bondoukou, chef-lieu de région et de District.

Le GPMV, selon son président Maïzan Kouakou Maxime, avait pour ambition de produire plus de 3 tonnes de tomates en 2013. Pour relever ce défi, les jeunes producteurs avaient sollicité l’appui du Conseil régional, de la mairie de Bondoukou, et celui d’opérateurs économiques de la région, pour la construction de magasins de stockage.

Par ailleurs, le mauvais état des pistes dans les zones de production empêche la bonne évacuation des légumes. C’est pourquoi le président du GPMV a lancé un appel aux autorités administratives locales à reprofiler les voies de desserte.

Pour rappel, le GPMV a été créé en 2000. Il compte 500 membres (300 hommes et 200 femmes) résidant dans une trentaine de localités. La plupart des coopérateurs viennent de Kiendi-Oualogo, Pinda-Boroko, Soko, Kouassi-N’Dawa et Appimadoum. Tous des villages du département de Bondoukou.

vendredi 14 février 2014

Relance de la riziculture à Bondoukou


Une pépinière de riz à Bondoukou

Il n’y a pas que les cultures pérennes qui intéressent la MUTAZA et l’ECODAIZ. Parallèlement à la production de noix de cajou, se développent des cultures de subsistance. Une place de choix est accordée à la riziculture. Et pour cause…

La culture du riz a été introduite dans la région du Zanzan dans les années 1970, après quelques aménagements de bas-fonds à Bondoukou et à Bouna (dans l’extrême Nord-Est). Dès son introduction, le riz a connu un succès notable. Aussitôt produit, il était acheté bord-champ à un prix rémunérateur.


Des parcelles rizicoles aménagées dans un bas-fond

Malheureusement, ce succès a été de courte durée. Par la suite, la volonté politique a manifestement fait défaut. En 1974, la Société pour le Développement de la Riziculture (SODERIZ) a fait faillite. La chute de cette entreprise d’Etat a subséquemment entraîné la mort de la production rizicole dans le Zanzan.

Un retour à la riziculture

Pour la MUTAZA, la vulgarisation de la riziculture s’impose pour assurer l’autosuffisance alimentaire dans le District du Zanzan. En effet, il est inadmissible que les paysans utilisent leurs revenus tirés de la vente de l’anacarde pour acheter du riz. Depuis trois ans donc, la MUTAZA a initié une politique de relance effective de la culture du riz à Bondoukou. La zone regorge d’énormes potentialités en la matière, eu égard à la profusion des terres appropriées. Notamment les bas-fonds et les plateaux.


A Bondoukou, les riziculteurs louent un motoculteur pour labourer les parcelles

Quelques riziculteurs ont adhéré au projet de la MUTAZA. A Songori, un village de la sous-préfecture de Bondoukou, 63 hectares de bas-fonds ont été aménagés et scindés en périmètres rizicoles. Le résultat est parlant : environ 5 tonnes de riz irrigué produites à l’hectare par an. Ce qui donne, en moyenne, 300 tonnes de riz produites chaque année. Une production susceptible d’être triplée si le travail était automatisé (la mécanisation), et si des intrants agricoles (engrais, produits phytosanitaires,…) étaient donnés aux riziculteurs à moindre coût. N’empêche. En plus d’avoir quelque chose à manger en période de soudure, la production de riz donne de substantiels revenus aux paysans. Grâce à la coopérative ECODAIZ, le riz du Zanzan est vendu dans d’autres régions de Côte d’Ivoire, même au-delà des frontières nationales. C’est-à-dire dans les pays limitrophes.

Un riziculteur de Songori en train de peser sa production

Mais la MUTAZA demeure réaliste : ses moyens sont limités. Beaucoup reste à faire sur le chemin qui conduit à l’autosuffisance en riz, en milieu rural. L’organisation paysanne demande une implication des pouvoirs publics dans l’aménagement des plateaux pour la culture du riz pluvial. A Bondoukou, la volonté de produire cette céréale existe chez beaucoup de jeunes. Reste à mécaniser la culture pour rendre le travail moins pénible, et surtout, pour un meilleur rendement.

Une petite unité de décorticage à Bondoukou

Ci-dessous, séance de décorticage en vidéo